18 février 2008
Thanon 1 Saison d'hiver
Photos de vie d'une pâte faite d''espoir, de beauté, la lumineuse route devant soi dans les taudis de bambous, de bois. Les rivières rouges drainées de terre d'argile, celle qui s'envole chaque jour vers l'insaisisable. Une main ridée qui a touché les corps ambrés, du soleil des jours qui passent.

POUSSIERES DES VIVANTS©
En photographie l’empirisme serait plutôt de règle. Pourtant après un travail important plusieurs points semblent en éclairer la quête poursuivie. Il m’intéresse de valoriser chez tout être vivant sa nature et sa beauté, évoquer son essence au travers d’un simple geste, d’une attitude ou d’un regard appréhendé dans la sobriété et l’humilité de son quotidien.
Pour cela, marcher au hasard des rencontres, sillonner un lieu durant plusieurs jours est une façon de s’imprégner d’une ambiance et s’y rendre invisible.
Permanence du sourire et gentillesse, prédisposition à l’échange, patience et discrétion, savoir-faire et observation parfaite sont autant de qualités communes à tout le Sud-Est asiatique . Il y a chez ce peuple un sens naturel de l’esthétique qui tient d’un équilibre fragile et d’une profonde tradition du goût. Mon très grand intérêt pour le Bouddhisme vient de son art, de sa philosophie, mais surtout de son implication immédiate dans le quotidien : le geste et la parole.
Je choisis le reportage car il faut se déplacer, chercher la photo, une démarche qui prend parfois l’allure d’une très lente initiation qui m’appartient exclusivement, sans violence, la juste compréhension et observation de mon environnement.
Je suis alors dans ma véritable nature, la magie des situations et des images qui défilent devant les yeux, n’ayant plus qu’à recueillir la beauté qui m’est offerte, innombrable : elle coule sans fin.
Parfois le film s’arrête brutalement sur les deux boitiers au moment même où une composition parfaite se formait devant moi, signe qui ramène à l’impermanence et l’inaccessibilité des êtres.
A partir de cette forme d’esprit et de regard, les rencontres sont précises, elles se manifestent dès que je suis disposé a en éprouver le besoin. Quand je photographie en série, c’est la nécessité qui m’anime. Spontanément je saisis les instants les plus significatifs, et cela ne semblerait jamais devoir s’arrêter si la fatigue accumulée ne devait s’emparer de ma concentration et de mon corps exténués. Puis satisfait j’arrête ce travail, accompli dans la pureté et l’exacte disposition de mon mental.
Ce travail fut réalisé dans l’espoir de transmettre mon amour pour ces gens, cette terre fertile où la vie prend naissance au fond de chaque fissure de lumière et de pluie.
© Ta-Nõn F.M Paris 1999
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Tai Oratai - ต่าย อรทัย Jark Bahn Na Duay Ruk
ต่าย อรทัย Toh Hah Nae Der
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Textes et Photos droits réservés : françois.montagnon© Ta-Nõn.FM.Paris 2007-2008 All rights reserved